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Les banques mises en péril par une nouvelle vague de dossiers de renégociations

Les banques mises en péril par une nouvelle vague de dossiers de renégociations

Voilà une question qui devient préoccupante, même si elle n’a pas fait les grands titres en cette fin 2019. Les dossiers de renégociation de prêts immobiliers repartent à la hausse, après plusieurs mois d’apaisement, et fin 2019, les montants en jeu atteignent des records. Les banques s’entendent à dire qu’ils pourraient franchir les 50 Mds €. La précédente vague de renégociations de cette importance date déjà de 4 ans, moment où il avait atteint 70 Mds €.

26 % d’un encours total de 250 Mds d’euros

Nettement moins élevée qu’en début 2017, où elle avait connu un sommet historique, la part des renégociations représentait, en octobre dernier, environ un quart de l’encours total du crédit immobilier (contre 62 % en 2017). Ce taux, issu des données de la Banque de France, est en réalité plus faible en raison notamment de l’augmentation exceptionnelle de l’encours de crédit immobilier depuis cette période (+ 30 %). Celui-ci pourrait s’élever, sur l’année 2019, à 250 Mds €, soit le plus haut encours jamais connu.

Dans une situation aussi exceptionnelle, la part des renégociations, quoique limitée au regard de l’encours global, augmente à un rythme effréné. Ainsi, ce petit 26 % représenterait tout de même plus de 65 Mds €.

Les banques sur la sellette

Devant un tel envol, les banques sont acculées. Pour éviter la banqueroute, elles en sont réduites à sélectionner les dossiers pour en limiter le nombre. Ainsi, chez VousFinancer, on constate un nombre de dossiers de renégociations plus stable. Les banquiers espèrent une stabilisation des taux d’intérêt d’ici le printemps prochain et, en attendant, font le gros dos.

Sur le mois de décembre, les taux d’intérêt augmenteraient au maximum à 0,10 %, en fonction de la durée des prêts. Une hausse toute relative, qui n’empêchera sans doute pas les banques de faire passer les dossiers de renégociation qu’elles ont sous le coude du fait des grèves.

Le HCSF réagit

Il faut noter, d’ailleurs, que cette augmentation, même très limitée, des taux d’intérêt incite les ménages qui ne l’ont pas encore fait à demander une renégociation de leur prêt immobilier. Il reste encore des prêts non renégociés au taux de 3% et plus.

Dans un contexte de production exceptionnelle de crédits immobiliers à taux bas, les retardataires génèrent une nouvelle vague de renégociations. Le HCSF a réagi en faisant de nouvelles recommandations aux établissements bancaires, dans le but de calmer l’euphorie du crédit.

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Il a notamment recommandé aux banques de ne plus accorder de prêts immobiliers dont la durée est supérieure à 25 ans et, surtout, de rejeter les demandes des ménages qui entraînent des mensualités supérieures au tiers de leurs revenus. Ces recommandations concernent autant les nouveaux crédits que les renégociations et les rachats. Le bilan qui sera fait de la mise en oeuvre de ces recommandations devrait permettre de vérifier leurs effets.


Source: actual – Les banques mises en péril par une nouvelle vague de dossiers de renégociations